Mégaprojet intégré de développement des minerais de fer de Gara Djebilet
UN STATUT DE PRODUCTEUR SIDÉRURGIQUE MAJEUR SUR LE MARCHÉ MÉDITERRANÉEN EN PERSPECTIVE
Plusieurs installations notamment métallurgiques intégrées au projet minier de Gara Djebilet sont prévues, à savoir un complexe sidérurgique produisant des rails, des profilés, des wagons, une usine de traitement du minerai ainsi qu’une centrale photovoltaïque de 200 MW en vue de fournir l’énergie nécessaire aux besoins des gisements.
Le gouvernement a inscrit, comme priorité parmi les grands projets structurants, le mégaprojet intégré de développement des gisements de minerai de fer de Gara Djebilet. Il s’insère dans la politique des pouvoirs publics visant la transformation des matières premières en produits finis au lieu de leur exportation sous forme de matières brutes. Au cœur de ce projet, le développement des gisements de Gara Djebilet situé à Tindouf (sud-ouest). Ces mines recèlent des réserves estimées à plus de 3 milliards de tonnes de minerai de fer. L’avantage de leur exploitation est que ces richesses se trouvent à la surface et, donc, le coût de leur ex- traction s’avère très bas. La contrainte est que ce minerai de fer contient 0,8% de phosphore. Ce qui a empêché le développement de ces mines pendant des décennies.
Selon un expert spécialisé dans les mines, les Chinois ont trouvé la solution technique pour ramener la teneur à 0,1% et, ainsi, permettre sa transformation par les sidérurgistes. Du coup, le projet de développement des mines de Gara Djebilet a été lancé, en 2022, avec, dans une première phase entre 2022 et 2025, la production de 2 à 3 millions de tonnes de fer par an et leur transport par voie terrestre. Il est prévu dans une seconde phase, à partir de 2026, la production de 40 millions à 50 millions de tonnes de minerai de fer brut. Ce mégaprojet a été confié au consortium chinois CMH, composé des entreprises chinoises CWE, MCC et Heydey Solar associé
à l’entreprise algérienne Feraal. Ce minerai sera traité de manière primaire, à Béchar, dans une usine qui sera réalisée par le consortium CMH, et produira, dans une première phase, du mine- rai transformé en produits semi-finis à hauteur de 500 000 tonnes par an, puis 10 millions de tonnes/an, à partir de 2026. Dans cette même wilaya, dans la zone industrielle de Toumiat, un complexe sidérurgique, construit par le consortium CMH, produira les rails et des profilés. Il comprendra des unités de traitement du minerai et une unité de fabrication des wagons pour les besoins de la voie ferrée qui reliera les gisements de Gara Djebilet à Bé- char. Comme la ligne Béchar-Oran est en exploitation, le minerai de fer de Gara Djebilet sera transporté jusqu’au complexe sidérurgique de Tosyali Algé- rie situé à Béthioua (Wilaya d’Oran). Dans une phase ultérieure, ce minerai de fer devra également alimenter les autres complexes et usines sidérurgiques, principalement le complexe si- dérurgique d’AQS de Bellara, à Jijel, et le complexe sidérurgique d’El Hadjar, à Annaba. L’excédent
sera exporté. Plus précisément, la voie ferrée Béchar-Tindouf, d’une longueur de 950 kilomètres, comprend trois tronçons. Le premier de Béchar au PK 200 est confié à un consortium d’entreprises algériennes conduit par Cosider. Le second, long de 640 kilomètres, du PK 200 à Tindouf-Gara Djebilet est confié à un groupement d’entreprises avec comme chef de file la chinoise CRCC. Le troisième, entre Oum-el-Assel et Tindouf, long de 175 kilomètres, a été attribué à un autre groupement d’entreprises algériennes. Les travaux de ces trois tronçons ont été lancés. Les ordres de services ont été donnés respectivement en juillet, en décembre et en octobre 2023. Les dé- lais de réalisation de ces trois tronçons sont fixés à 30 mois. Il est prévu également la réalisation d’une centrale photovoltaïque d’une grande puissance, à savoir 200 MW pour couvrir les besoins en énergie de ces gisements.
Khaled Remouche