Elle représente un enjeu stratégique capital pour le pays
L’INCLUSION FINANCIÈRE, UNE PRIORITÉ ESSENTIELLE
L’inclusion financière fait partie des enjeux fondamentaux de toute politique économique efficiente. Des experts la définissent comme un système dans lequel les clients ont accès et peuvent utiliser, de façon durable, les services financiers qui correspondent à leurs besoins. En Algérie, comme dans nombre d’autres pays, le gouvernement joue un rôle de facilitateur de l’inclusion financière. Dans le présent numéro de la Revue de L’ASSURANCE, des acteurs de la finance et de l’assurance en parlent, analysant les enseignements tirés en matière d’approches innovantes, pour fournir des services financiers aux populations exclues du circuit bancaire classique, et évoquant des normes relatives à l’accès aux instruments de financement, à la culture financière et à la protection des consommateurs.
Quel est le chemin parcouru dans ce domaine ? Et, quel est le chemin restant à parcourir ? Au cours de ces dernières années, l’Algérie a pu améliorer l’Indice multidimensionnel d’Inclusion Financière (IIF). L’IIF permet de comparer l’étendue de l’inclusion financière dans le temps. Le ministre des Finances, M. Faid Laaziz explique que l’inclusion financière a enregistré des « résultats encourageants par rapport aux années précédentes » et que cela s’est traduit par « l’amélioration des services et le renforcement de la couverture bancaire et ce, grâce aux efforts des établissements financiers. » De son côté, le ministre en charge des Startups et des Microentreprises, M. El-Mahdi Oualid Yacine, relève que plusieurs étapes sont à prévoir, évoquant notamment « le prochain déploie- ment par la SATIM d’un système de paiement mobile favorisant les paiements par QR Code. »
L’éducation financière a, également, un rôle-clé à jouer dans l’inclusion financière. Elle peut aider les enfants à prendre conscience de la valeur de l’argent et leur ap- prendre à gérer leurs dépenses et à épargner. L’éducation financière devrait commencer tôt, dans la vie, et se pour- suivre au secondaire, de telle sorte que les notions et les pratiques apprises puissent être, ensuite, revisitées et élargies. Un effort est en train de se faire, sur ce plan. Des groupes d’enfants ont été invités, fin avril dernier, par la Bourse d’Alger, pour leur donner la possibilité de s’initier à la culture financière. L’initiative a été prise, à l’occasion de la journée porte ouverte sur l’inclusion financière.
M. Benmicia Youcef, président de l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance (UAR) y était pré- sent. Il a expliqué aux enfants, en des termes simples, qu’ils sont « la génération de demain et qu’ils joueront un rôle essentiel dans l’avenir de l’inclusion financière. » Il a souligné l’importance pour eux « d’apprendre dès leur plus jeune âge à gérer leur argent et à utiliser les services fi- nanciers de manière responsable. »
L’inclusion assurantielle, en Algérie, est également évoquée dans ce numéro. M. Berrah Abdelhakim, Délégué Général de l’UAR, souligne qu’elle se trouve actuellement « confrontée à divers défis. » Pour surmonter ces obstacles, ajoute-t-il, « plusieurs mesures peuvent être envisagées. » M. Berrah estime qu’il y a « nécessité d’élargir l’offre de produits d’assurance pour répondre aux besoins variés des différentes communautés et régions du pays. » L’adoption de politiques complètes, s’attaquant aux obstacles tant du côté de l’offre que de la demande, est le moyen le plus efficace pour favoriser l’inclusion financière.
Fouad Sakhri