Couverture des risques liés à l’activité cinématographique
ADAPTER LES POLICES D’ASSURANCES AUX BESOINS DE CETTE PROFESSION
Des producteurs de films reconnaissent la disponibilité de divers produits d’assurance couvrant les risques pesant sur l’activité cinématographique. Ils relèvent, toutefois, la méconnaissance par certains producteurs de la nécessité de s’assurer, voir même une attitude consistant à prendre à la légère cette obligation de protéger l’équipe de tournage contre différents risques…

Le marché national des assurances offre divers produits d’assurance couvrant les principaux risques pouvant survenir dans l’activité cinématographique.
M. Lif Smail, producteur de courts métrages qui a participé à la série
« El Batha » qui a connu un grand succès auprès des téléspectateurs, au cours du mois de Ramadan dernier, le reconnait. Il souligne d’emblée que la partie tournage est la plus importante, dans la couverture par les polices d’assurances des risques dans l’activité cinématographique. « Il y a une disponibilité de produits d’assurance couvrant les différents risques qui peuvent survenir lors d’un tournage de film, ou de pièce de théâtre », indique ce producteur.
« Le premier produit est l’assurance du personnel qui couvre l’équipe de tournage : les techniciens, les comédiens et ceux qui assistent ce personnel dans la production du produit audiovisuel » et ce produit « couvre toutes les personnes qui se trouvent sur le plateau », précise-t-il.
La seconde police est l’assurance des lieux, à savoir une assurance qui protège le décor, les studios.
La troisième police d’assurance couvre le matériel et concerne principalement le matériel de tournage. Le quatrième produit d’assurance qui couvre cette profession est l’assurance Transport. Cette police d’assurance assure contre les risques encourus, lors d’un déplacement d’un lieu de tournage à un autre. Elle assure le matériel et le personnel durant et sur les trajets.
La cinquième police, en cas de coproduction d’un film avec une société de production étrangère, est l’assurance Traversée qui couvre le matériel provenant de l’étranger transporté par bateau, lors de la traversée.
Il existe cependant, relève M. Lif, une assurance qui n’est pas disponible, en Algérie, et qui est proposée dans d’autres pays. Il s’agit de l’assurance des données.
L’assurance des données n’est pas disponible en Algérie
« À la fin de la journée de tournage, tout ce qui est produit comme matière durant la journée : les images et les sons tournés, qui sont données au service montage pour faire avancer le projet, sont rassemblées dans un Disque dur (support informatique). Cette assurance couvre le risque que le Disque dur soit endommagé ou que les don nées soient effacées. Une altération du disque peut entrainer la perte d’une journée de travail ou de plusieurs jours de travail, ce qui représente, pour le producteur, un coût supplémentaire à intégrer dans le coût global du film ou du court métrage. Le film risque de coûter, ainsi, plus cher si le producteur ne souscrit pas à cette police d’assurance. Ces données doivent avoir une assurance. C’est la seule assurance qui n’est pas disponible, en Algérie. Pour les autres risques, les polices d’assurance sont disponibles, dans notre pays, explique ce producteur.
Concernant les principaux risques qui peuvent survenir dans un tournage, M. Lif cite la chute d’un comédien qui peut entrainer sa blessure. Autre risque : un accident de la route, lors d’un déplacement d’un lieu de tournage à un autre et qui peut avoir pour conséquence d’endommager le matériel de tournage transporté. L’accident va faire décaler la durée du tournage d’un jour ou de plusieurs jours. Notre interlocuteur cite, aussi, un autre risque : « une masse électrique, dans un tournage, peut provoquer un incendie qui peut toucher le décor du film ou le lieu réel de tournage du film ». Ce risque est couvert par l’assurance des lieux. « Un passant, par inattention, peut provoquer la chute au sol de la caméra qui coûte 10 millions de dinars », indique-t-il, à titre d’exemple. Ce sinistre est couvert par l’assurance matériel.
M. Lif fait savoir, dans la foulée, que c’est la mission du producteur que de souscrire à ces assurances : « le contrat signé entre le producteur et le comédien prévoit le cachet du comédien, ses droits et obligations mais, aussi, un volet assurance. » À travers ce contrat, le comédien sait qu’il est assuré.
« Le contrat lui permet également d’être assuré à la CNAS », indique, pour sa part, M. Bendaoued Mohamed, comédien. Il n’est pas du ressort du comédien ou du technicien, lors de la réalisation et production d’un film, de souscrire à une police d’assurance le couvrant, par exemple, lors du tournage. Cela relève du rôle du producteur.
Concernant le coût de l’assurance, il doit être pris en compte par le producteur. Cela fait partie des dépenses du tournage. « Quand j’évalue le coût du tournage, dans les calculs y relatifs, j’intègre le coût de la location du décor, la location du matériel, le cachet des comédiens, des techniciens, le catering, le transport et l’assurance », précise M. Lif en indiquant que « l’assurance fait partie du calcul de ces dépenses. » Il relève également que le producteur a tendance à souscrire à un pack qui couvre ces différents risques. Il fait observer que certains producteurs méconnaissent l’existence de cette panoplie de polices d’assurances, en Algérie, destinée à la profession. « D’autres prennent à la légère la nécessité de protéger l’équipe de tournage et le matériel contre les différents risques qui peuvent survenir, lors d’un tournage » ajoute-t-il. Ce producteur suggère, en ce sens, la nécessité d’adapter les polices d’assurances aux besoins de la profession. Concernant la relation du producteur à son agence d’assurance, il existe, selon lui, deux types de relations : une relation classique qui lie l’assuré à l’assureur ou le client et le prestataire. Le second type de relation est le partenariat entre la compagnie d’assurance et le producteur, consistant en la prise en charge par l’assureur du volet assurance, dans un film, en contrepartie d’un sponsoring ou d’une visibilité dans le produit visuel lui-même. Concernant la durée de validité de la police d’assurance, elle dépend de la durée de tournage. Plus la durée du tournage est longue, moins le coût de l’assurance est élevé. C’est le producteur qui fixe la durée de validité de l’assurance.
Khaled Remouche