M. Saïs Nacer, P-dg de la CAAT :
NOUS SOMMES SUR LE POINT DE FINALISER LE CONTRAT D’ASSURANCE EN LIGNE
Revue de L’ASSURANCE : La CAAT offre-t-elle une couverture pour les petits
risques ?
M. Saïs Nacer : La CAAT a tout intérêt à diversifier ses activités pour ne pas dépendre uniquement des grands risques. Dans notre stratégie de développement, nous avons décidé de diversifier notre portefeuille, en nous orientant vers les petits risques, conformément à la vocation de la CAAT. Celle-ci est agréée pour pratiquer toutes les assurances de biens et de dommages. Les assurances pour les cabinets dentaires relèvent des assurances de dommages, couvrant à la fois les équipements et matériels utilisés par les chirurgiens-dentistes, ainsi que leur responsabilité civile professionnelle. Les actes chirurgicaux et médicaux peuvent engendrer des dommages, y compris des décès et des accidents, engageant la responsabilité civile des praticiens. Nous sommes très satisfaits d’apprendre que les adhésions sont obligatoires. Un cabinet dentaire est une petite entreprise et doit être assuré comme tel, pour se prémunir contre tous les aléas pouvant affecter ses équipements coûteux, financés soit sur fonds propres, soit par emprunt bancaire. Dans les deux cas, l’assurance est indispensable. Elle couvre les risques liés à l’exploitation du cabinet et les événements naturels. L’autre assurance concerne la responsabilité civile. Celle-ci couvre les dommages matériels et corporels pouvant être causés aux patients lors de leurs traitements au sein du cabinet. Au-delà de l’obligation légale, ces assurances sont nécessaires et utiles. Il est difficile d’imaginer un professionnel de la santé investissant dans des équipements sans couverture d’assurance, étant donné les nombreux risques présents, notamment ceux liés aux actes médicaux eux-mêmes, pouvant entraîner des dommages corporels, des décès ou d’autres incidents de ce type.

Pensez-vous que la diversification des couvertures d’assurances par la CAAT contribuera, dans une certaine mesure, à l’augmentation de la part des assurances dans le PIB en Algérie ?
La CAAT est la deuxième société d’assurance en termes de chiffre d’affaires et la première en assurance des entreprises. Elle existe depuis plus de 35 ans. Bien évidemment, par ce type de convention, elle contribue à la sensibilisation des assurés, jouant ainsi un rôle majeur dans la diffusion de la culture de l’assurance en Algérie.
Ce qui est toutefois à souligner, c’est que nous restons en retrait par rapport à d’autres pays. Les assurances en Algérie contribuent à peine à 1 % du PIB, ce qui est très faible. Seules les assurances des grandes entreprises sont bien développées. Celles des petites assurances restent en retard. Nous remercions infiniment l’Ordre des chirurgiens-dentistes de la région d’Alger pour sa contribution au développement de l’assurance. Le développement de l’assurance crée un cercle vertueux concret : en développant l’assurance, nous renforçons le pouvoir d’achat des assurés, les rendant moins dépendants du budget de l’État. Les citoyens doivent apprendre à se prendre en charge sans attendre une indemnisation de l’État. Cela est valable également pour les assurances contre les effets des catastrophes naturelles, contribuant à la fois à soulager le budget de l’État et à financer l’économie.
La CAAT fournit des services-conseils et encourage l’ensemble des assureurs à en faire autant pour éviter les condamnations pour défaut de conseil. Pourriez- vous nous en dire davantage ?
De par le monde, les assureurs ont une double vocation : fournir des assurances adaptées aux besoins des assurés et offrir des conseils appropriés. Le devoir éthique et moral des sociétés d’assurance est de conseiller et de ne pas attendre qu’un sinistre survienne pour informer l’assuré qu’il n’est pas couvert pour certains risques. Les assureurs doivent clairement indiquer les types de couverture qu’ils proposent et les assurances adaptées aux professions spécifiques. A l’échelle mondiale, des assureurs ont été condamnés pour défaut de conseil.
Où en êtes-vous avec la souscription en ligne ?
La mise en œuvre de cette convention avec les chirurgiens-dentistes nécessitera, dans un premier temps, l’intervention du réseau d’agences de la CAAT. Dans une seconde étape, les équipes de la CAAT sont sur le point d’achever le contrat d’assurance en ligne. Ce contrat a été initialement conçu pour les startups. Bientôt, nous aurons une assurance multirisque professionnelle spécifiquement adaptée aux besoins des praticiens de la santé, notamment les chirurgiens-dentistes. Ce contrat sera entièrement souscrit et payé en ligne.
Soraya Mokrane