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Revue de L’ASSURANCE : Comment les compagnies d’assurances peuvent-elles garantir la protection des données personnelles de leurs clients, tout en respectant
les exigences légales et réglementaires, notamment en ce qui concerne la
collecte, le stockage et le partage des informations et données dans le cadre de leurs services ?

M. Benseidi Abdallah : Les compagnies d’assurances doivent adopter une approche globale, pour assurer la sécurité et la conformité des données personnelles. Cela passe par plusieurs actions clés, notamment la maîtrise de la collecte des données en limitant cette dernière aux informations strictement nécessaires avec le consentement explicite des clients, la sécurisation et le stockage en mettant en place des mesures de chiffrement, de contrôle d’accès et de gestion des autorisations d’accès aux données. Ces dernières ne sont accordées qu’aux seules personnes habilitées à y accéder.

Aussi, il est nécessaire de se conformer aux réglementations en vigueur
(Loi n°18-07), de respecter le Référentiel National de Sécurité de l’Information (RNSI) et de désigner un délégué à la protection des données.

Un programme de sensibilisation du personnel sur ce sujet est plus qu’indiqué, avec la mise en place de politiques internes strictes qui feront, ensuite, objet de contrôles réguliers.

Quelles sont les principales mesures à mettre en place, pour garantir la sécurité des données personnelles en ligne, notamment en termes de prévention, de détection et de réaction face aux risques ?

Hormis notre site web publié sur internet et qui représente plus une devanture pour la compagnie, et tenant compte de la spécificité de l’activité de la CCR, orientée vers les relations commerciales interentreprises (BtoB), nous n’avons pas de plateforme en ligne en interaction directes avec les personnes concernées.

Ceci dit, la protection des données personnelles en ligne re- pose sur une approche en trois piliers : prévention, détection et réaction.

Comment les systèmes de cryptage, comme le chiffre- ment de bout en bout, contribuent-ils à la protection des données personnelles et quels autres outils de sécurité recommandez-vous ?

Le chiffrement de bout en bout est une mesure de sécurité essentielle pour garantir la confidentialité des données. Il assure que seules les parties autorisées peuvent accéder aux informations échangées, empêchant toute interception par des tiers malveillants.

Les principaux avantages du chiffrement de bout en bout incluent la confidentialité totale des communications, la protection contre les attaques d’interception, l’intégrité des informations, la réduction des risques liés aux fuites de données et le renforcement de la sécurité des bases de données et des sauvegardes. Outre le chiffrement de bout en bout, d’autres outils de sécurité sont essentiels pour assurer une protection globale des données personnelles. Ces solutions permettent de renforcer la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des informations, tout en atténuant les risques liés aux menaces cyber.

La numérisation est une arme à double tranchant. Quels sont les défis actuels, en matière de gestion des don- nées personnelles dans un environnement de plus en plus interconnecté, et comment peut-on les surmonter ? Autrement, comment protéger les données tout en favorisant l’innovation numérique et l’interconnexion des systèmes ?

La numérisation croissante des systèmes expose les données personnelles à des risques accrus. Il est, donc, crucial d’adopter une approche équilibrée entre sécurité et innovation.

Les principaux défis et solutions sont la complexité de la gouvernance des données, la multiplication des échanges entre les acteurs de l’écosystème, le respect des exigences réglementaires, la protection des infrastructures critiques et l’équilibre entre protection et interopérabilité.

Comment évaluer la conformité des plateformes avec les législations en vigueur, en matière de protection des données personnelles ?

En matière d’évaluation, l’objectif étant de vérifier que la plateforme respecte les obligations légales en matière de consentement et de gestion des droits des
personnes ; par conséquent il faudra évaluer les mécanismes de consentement et des droits des utilisateurs.

L’évaluation passe également par la vérification des mesures de sécurité et de protection des données, avec comme objectif l’analyse les mécanismes de sécurité mis en place pour garantir la confidentialité de ces données, tout en veillant a ce que la plateforme respecte les obligations légales spécifiques aux don- nées personnelles.

M. Haftari Ahmed : Dans la promotion de l’inclusion financière, l’assurance joue un rôle clé en offrant une protection contre les risques et en facilitant l’accès aux services financiers. Elle repose sur trois piliers : la gestion des risques, l’accès aux services financiers et le renforcement de la résilience économique.

En protégeant contre les événements imprévus, tels que les maladies et les catastrophes naturelles, l’assurance prévient la pauvreté. Les produits adaptés incitent les non-bancarisés à s’engager avec les institutions financières, ouvrant la voie à d’autres services comme l’épargne et le crédit. De plus, elle renforce la résilience économique, permettant aux individus d’investir dans des activités productives.

Cependant, des défis persistent : l’accessibilité financière, la confiance limitée et la nécessité d’éducation financière. L’innovation technologique prometteuse nécessite des investissements et une infrastructure appropriée. Enfin, un cadre réglementaire adapté est essentiel pour protéger les consommateurs tout en favorisant l’innovation.

Comment les programmes d’éducation financière peuvent-ils améliorer l’adoption des produits d’assurance parmi les populations vulnérables ?

Les programmes d’éducation financière ont un impact significatif sur l’adoption des produits d’assurance parmi les populations vulnérables. En clarifiant la compréhension des produits d’assurance, ils dissipent les idées fausses et encouragent une gestion financière plus efficace, libérant des ressources pour l’achat d’assurances. En outre, ces programmes sensibilisent aux risques financiers et démontrent comment l’assurance offre une protection contre les imprévus.

L’éducation financière renforce la confiance envers les institutions financières, ce qui incite les individus à souscrire à des produits d’assurance, adaptés à leurs besoins. En facilitant des décisions éclairées, ces programmes favorisent l’accessibilité et l’adoption des assurances, contribuant ainsi à une inclusion financière accrue.

Quels sont les mécanismes de distribution les plus efficaces pour les produits d’assurance dans les zones rurales et isolées ?

Les canaux de distribution les plus performants pour les produits d’assurance, dans les zones rurales et isolées, incluent les applications mobiles et les plateformes de vente en ligne, qui simplifient l’accès aux services financiers. La bancassurance et les services d’assurance postale jouent, également, un rôle essentiel dans la couverture de populations étendues. En Algérie, par exemple, avec plus de 12 millions de détenteurs de cartes monétiques « Edahabia » et 4 millions de détenteurs de cartes bancaires, ces canaux offrent un potentiel significatif pour étendre la portée de l’assurance.

Comment les assureurs peuvent-ils surmonter la méfiance des consommateurs à l’égard des produits d’assurance ?  

Pour surmonter la méfiance des consommateurs à l’égard des produits d’assurance, les assureurs doivent adopter une approche axée sur la transparence et l’éducation. En fournissant des informations précises et exhaustives sur les caractéristiques et les avantages des produits, ils peuvent clarifier les ambiguïtés et rassurer les clients. La mise en place de services clients de haute qualité et le recours à des agents locaux, pour établir des relations de confiance, sont essentiels pour renforcer la crédibilité des offres. Par ailleurs, en Algérie, certains défis liés à la digitalisation incluent la préférence des assurés pour le contact direct avec les assureurs, la nécessité de maîtriser les outils numériques, pour accéder aux informations et services, et l’adaptation aux nouvelles technologies, comme les applications mobiles pour la gestion des sinistres et la souscription en ligne. Les assureurs peuvent surmonter ces obstacles en offrant des formations numériques et en maintenant des canaux de communication traditionnels parallèlement aux solutions numériques.

Quel est l’impact de la digitalisation de services d’assurance sur l’inclusion financière ?

Farid Sakhri

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