REVUE DE L’ASSURANCE N°48

M. Meddah Souhil : En général, les transactions commerciales sont réalisées par des transferts de biens ou par la fourniture de services et de prestations entre agents économiques, en contrepartie de règlements directs, indirects ou parfois sous forme de compensation. L’ensemble de ces transactions reflète la taille des marchés qui absorbent les échanges de manière consolidée. Les moyens de paiement utilisés dans ces transactions génèrent des flux monétaires fiduciaires. Jusqu’à récemment, les moyens scripturaux faisaient face à des réticences de la part des parties prenantes (cédants ou cessionnaires), principalement en raison du manque de confiance ou d’une culture de consommation peu favorable aux écritures comptables. De nombreux consommateurs cherchaient à éviter toute forme de traçabilité qu’ils considéraient comme une complication supplémentaire dans leur quotidien.

Afin de répondre à cette problématique, les moyens de paiement électroniques – qu’il s’agisse de cartes bancaires, de paiements en ligne, de transactions via e-banking avec ou sans contact, ou encore de paiements mo- biles – apparaissent comme des leviers essentiels pour la modernisation du système financier. En plus de faciliter les transactions, ces solutions offrent la possibilité d’améliorer l’inclusion financière en permettant un accès plus large aux services financiers, aussi bien pour les opérateurs économiques que pour les consommateurs. La généralisation des paiements électroniques contribue à structurer et à formaliser les flux financiers des usagers. Elle permet une meilleure gestion des avoirs en toute sécurité, avec un suivi précis des montants jusqu’au moindre centime. Contrairement aux paiements en espèces, qui nécessitent des arrondis pouvant entraîner des pertes cumulées sur les valeurs d’épargne, le paiement électronique offre une transparence et une exactitude accrues.
Enfin, cette transition vers le numérique favorise une plus grande inclusion des travailleurs informels en leur offrant des solutions adaptées aux micro-paiements. Elle participe également à la digitalisation du commerce, renforçant ainsi la traçabilité et l’organisation des flux financiers. L’extension des moyens de paiement électroniques constitue ainsi une avancée majeure vers une économie plus moderne, plus efficace et plus sécurisée.

Il convient de rappeler que l’inclusion financière ne se li- mite pas uniquement à l’accès aux services bancaires, mais englobe également la capacité des populations à se protéger contre les risques financiers. À ce titre, le secteur des assurances joue
un rôle complémentaire et fondamental, en étendant certains services
financiers aux populations sous-assurées ou totalement non assurées. Cela se fait notamment à travers des produits adaptés aux réalités locales ou des offres de banque-assurance, répondant aux besoins des populations partiellement ou totalement exclues du système financier traditionnel. La digitalisation et l’innovation,
notamment via les plateformes d’inscription simplifiées en Insurtech, facilitent l’accès aux assurances en s’appuyant sur un cadre réglementaire adapté et une
sensibilisation accrue aux couvertures d’assurance, qu’il s’agisse d’assurances dommages ou de protections destinées aux personnes. Cette évolution constitue une opportunité de garantir une protection financière aux assurés tout en permettant des retours sur investissements, par exemple via des placements en
Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) pour les assurés, ou en Obligations Assimilables du Trésor (OAT) pour les compagnies d’assurance.
Une part importante de la population active opérant dans le secteur informel ne bénéficie d’aucune couverture sociale ou d’une protection limitée.

Pour ces travailleurs, des offres d’assurances complémentaires adaptées à leurs revenus, telles que des solutions de prévoyance, d’assurance-vie, de retraite ou de santé, pourraient leur offrir une protection financière en cas de besoin immédiat ou futur. Ce type de couverture permet- trait également une meilleure collecte d’épargne en assurance, convertible en contributions latentes, tout en allégeant la pression sur les finances publiques, réduisant ainsi la nécessité pour l’État d’intervenir dans les politiques sociales de soutien. De même, les agriculteurs et éleveurs, souvent exclus des circuits bancaires classiques, pour- raient bénéficier d’une assurance climatique et récolte, réduisant leur vulnérabilité aux aléas naturels. Les primes collectées via les polices d’assurance peuvent également constituer un levier financier, en étant transformées en placements à court terme générant des effets de levier par des retours sur investissement rapides, tout en couvrant les indemnisations nécessaires. Il s’agit ici de trouver un équilibre entre la provision des couvertures coûteuses pour les assureurs et l’utilisation d’instruments de place- ment permettant d’amortir ces coûts structurels.
Le domaine des micro-assurances pourrait également se développer en adaptant ses produits à l’image des micro-crédits, grâce à une digitalisation simplifiée. L’usage des plateformes électroniques et mobiles faciliterait la souscription et la gestion des assurances, en permettant une couverture personnalisable selon les besoins et le budget des individus. Le développement de micro-assurances santé et hospitalisation offrirait une protection minimale aux travailleurs indépendants et à leurs familles, tandis que des assurances dédiées aux microcrédits garantiraient la sécurisation des prêts pour l’entrepreneuriat indépendant.

À ce jour, les principaux obstacles qui sont susceptibles de freiner ou de limiter l’effet de l’implication de toutes les parties concernées par l’inclusion financières, sont souvent attachés au faible taux de bancarisation par rapport à sa norme effective et qui demeure comme une source historique non conjoncturelle. Cette source est accompagnée également par d’autres faits qui sont à la fois organisationnels et conjoncturels, notamment par rapport au faible accès au réseau bancaire et à ces services dans certaines zones rurales, qui nécessite entre temps d’impliquer plusieurs acteurs intermédiaires, tels que les agents assureurs pour aider une compensation de liaison à proximité ou à travers des établissements totalement digitalisés, qui offrent des services à distance, sous réserve que les ré- seaux de communication téléphoniques et d’internet soient accessibles et opérationnels en permanence.
Pour rappel, dans le domaine de l’intermédiation, il devient primordial d’adopter et d’adapter le cadre règlementaire qui permet et régit l’intervention des acteurs intermédiaires de proximité pour le compte des agents opérateurs économiques, notamment ceux qui sont actifs dans des secteurs habitués à recevoir les acteurs de l’informel. Additivement, la question qui est relative au manque de culture avec la préférence de l’utilisation de l’espèce (valeurs fiduciaires) dans les transactions quotidiennes demeure toujours un facteur d’actualité de résistance face à ces nouvelles mutations technologiques, surtout lorsque qu’il s’agit de la généralisation de l’installation des terminaux de paiements électroniques TPE, ou de la fiabilité dans le fonctionnement des distributeurs automatiques DAB.
Cependant, il existe des moyens qui permettront de mieux ajuster et réguler l’aspect de l’inclusion financière par les moyens d’intermédiations digitalisés avec ou sans contact, par la simplification des procédures de mise en place et de mise en fonctionnement des plateformes et des moyens au niveau institutionnel. Par l’orientation des transactions vers des liens totalement digitalisés et sans contact, tel que le mobile-paiement, le dinar digitalisé avec une digitalisation total de l’acte commercial. Dans une autre mesure, il est impératif de compter également sur des politique qui attirent les opérateurs vers les circuits financiers, par le développement des microcrédits aux profit des acteurs qui activent dans l’informel, en leur soumettant un plan d’intégration graduel au prorata des revenus qu’ils génèrent sur les crédits octroyés, qui sera suivi par une procédure d’intégration graduelle combinée par des microcrédits additifs qui couvriront l’ensemble de leur activité ou leur porte- feuille client, en domiciliant les liaisons commerciales et leur sureté dans leurs comptes à distance avec des dotations d’avances sur factures ou sur revenus accordés.

Les rôles des innovations technologiques Fintech et l’Insurtech peuvent être très déterminants, dans le sens où elles permettent d’élargir les populations et ont accès aux services financiers en réduisant les barrières traditionnelles liées aux coûts, à la distance et à la complexité administrative. Ils peuvent être très déterminants une fois que les instruments du Mobile-banking et, aussi, de la Mobile-monnaie soient à la disposition de tous les acteurs dans toutes les zones du pays. D’autre part, les solutions de Fintech doivent aussi s’impliquer dans les opérations qui concernent les consommateurs lambda, tels que la gestion des portefeuilles et des flux sur les crédits à la consommation, conformément à un cadre réglementaire qui leur permet l’accès au circuit bancaires en tant qu’agent intermédiaire en liaison avec le consommateur concerné. Dans le même sens, les solutions de prêts participatifs aux auto entrepreneurs tels que le Crowdfunding et prêts participatifs sont des mesures, d’obtention des financements alternatifs à faibles valeurs, qui en dehors du circuit bancaire classique seront destinés aux agents qui sont théoriquement les moins bancarisés. Sur le plan des Insurtech, les produits de micro-assurance à faible coût, sont des instruments adaptés aux personnes ayant des revenus irréguliers ou ers des populations vulnérables, comme des assurances agricoles ou celles avec des cotisations flexibles et variables, avec des souscriptions aux contrats et leurs paiements en lignes et la possibilité de bénéficier de traitement à distance des dossiers sinistres et leurs indemnisations directement en ligne.
L’intégration des technologies de paiement électronique (Mobile-paiement) pour offrir des solutions plus accessibles aux populations sous-assurées ou non assurées peut-elle contribuer à boster l’inclusion financière ?
Une intégration des technologies, en particulier pour le mobile paiement, joue un rôle fondamental dans l’amélioration de l’inclusion financière, notamment par rapport à l’accessibilité à distance des opérations bancaires, l’utilisation du dinar digitalisé pour remplacer les transactions fiduciaires. C’est aussi un moyen de paiement sans contact qui permet de souscrire et de payer le service avec un gain de temps avec une traçabilité omniprésente.

Melissa Mokdad

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