REVUE DE L’ASSURANCE N°48

M. Benallegue Mohamed El-Amine : Dans le chapitre de la gestion des risques pandémiques, les Compagnies d’assurance, en particulier, celles couvrant les per- sonnes, à l’instar de TALA Assurances, sont confrontées à une multitude de défis critiques, caractérisés par l’exacerbation de l’état de l’aléa et l’étendue des répercussions à l’échelle mondiale. Ces défis impliquent des impacts à multiples facettes dont, en premier lieu, la volatilité des profils de risque permettant de les appréhender, vu que les pandémies occasionnent une sinistralité volumineuse et quasi-simultanée, au hasard des modes de dissémination du virus et du comportement humain erratiques, dérogeant au principe primordial de compensation au sein de la communauté assurée. De plus, les données historiques des précédentes pandémies sont d’emblée tronquées et imprécises, ce qui rend la construction de modèles actuariels fiables une véritable gageure pour anticiper les retombées économiques et sanitaires. En deuxième lieu, étant donné que les résurgences des pandémies sont imprédictibles, commercialiser les produits assurantiels sur la base de primes constamment équilibrées relève du dilemme, puisque les Assureurs se retrouvent tiraillés entre la compétitivité de la tarification, durant les contextes ordinaires et la rentabilité de celle-ci, dans les phases de crises, eu égard à la rigidité prévisible de l’éventuelle inflexion à imprimer aux conditions de prise en charge du risque. En troisième lieu, le volume élevé des déclarations de dossiers, au cours de la pandémie est tel qu’il tend à saturer les processus de gestion des sinistres des compagnies d’assurances, sachant que les consignes des autorités imposent la réduction des effectifs en présentiel (de 50%, en 2020), ce qui est susceptible d’altérer les délais de règlement contractuels et susciter le mécontentement des Assurés. En quatrième lieu, les lock-out préventifs des entreprises (chômage tech- nique), ainsi que les perturbations prolongées des activités des opérateurs économiques, engendrent des ricochets interconnectés sur la santé financière des clients, lesquels peuvent se retrouver en situation de défaut de paiement, d’où l’aggravation des risques de créances douteuses ou irrécouvrables vis-à-vis des assureurs. En définitive et en règle générale, les pandémies obèrent de façon systémique les capaci- tés financières des compagnies d’assurance, voire jusqu’à altérer sérieusement leur solvabilité. Par voie de conséquence, les polices d’assurance, selon l’approche traditionnelle, excluent formellement la couverture des crises sanitaires majeures, ainsi que leurs incidences.

Dès 2020, alors que la Covid-19 connaissait une expansion fulgurante, aux implications jusqu’alors méconnues, TALA Assurances, de concert avec les sociétés consœurs du marché algérien des Assurances de Personnes, a non seulement continué à couvrir les compatriotes assurés bloqués à l’étranger, ceci par dérogation, du fait des mesures prophylactiques en termes de fermeture des frontières, mais égale- ment les soins et les décès engendrés directement par la crise sanitaire, dans un élan purement sociétal, au regard des contrecoups essuyés à assumer ce rôle à la fois citoyen et humanitaire. Néanmoins, la pandémie Covid-19 a démontré clairement l’insuffisance des mécanismes classiques, de protection contre les aléas menaçant la santé publique. De cette douloureuse expérience, l’ensemble des par- ties-prenantes ont saisi distinctement la pertinence de l’assurance Santé, et le choc a constitué un véri- table catalyseur pour l’intérêt des individus et des entreprises pour ce type de couvertures. De sorte que les assureurs doivent, maintenant, proposer des solutions plus transversales et davantage flexibles, intégrant des garanties particulièrement incitatives. D’abord, en termes d’Invalidité permanente (IPP/ IPT) ou d’Incapacité temporaire de travail (ITT), en cas de pandémies, permettant aux citoyens d’at- teindre des niveaux vitaux de résilience. Ensuite, en matière d’offre de produits assurantiels personnalisés, ajustés selon la situation économique et les priorités individuelles, en s’évertuant à réduire la complexité des contrats et à simplifier des processus d’indemnisation, à même de rendre l’expérience- client confortable. Par exemple, le modèle de « mi- cro-assurance» octroie des produits à faible coût et à couverture modérée à l’endroit des populations vulnérables à la précarité. En revanche, à quelque chose malheur est bon, la crise sanitaire a contribué à accélérer notablement la transformation numé rique des compagnies d’assurance, en réponse aux mesures salvatrices de confinement et de limitation des déplacements, en rendant nécessaire l’accès aux services d’assurance en ligne, par la mise en place de plateformes digitales intuitives, rendant possible la souscription, la gestion des polices d’assurance, d’un côté, et la déclaration, le traitement et le suivi des sinistres en mode « full web ». En outre, la crise Covid-19 a réactivé le rôle proactif des assureurs, sur l’aspect préventif, avec des campagnes quasi-permanentes de sensibilisation, ayant pour objectifs d’informer les citoyens sur les moyens de réduire les risques de contagion, en adoptant les réflexes salutaires, les règles de l’hygiène corpo- relle, notamment via les services complémentaires de suivi médical et des conseils de télémédecine. Tout compte fait, la pandémie de la Covid-19 a per- mis de tirer plusieurs leçons fondamentales, par rap- port aux attentes des citoyens dans le domaine d’assurance de personnes, qui incitent à remodeler le fonctionnement des prestations d’Assurances de Personnes et à clarifier les exclusions et les couver- tures dans les contrats, ce qui est propre à maintenir une relation sereine et transparente entre les assurés et leurs assureurs. Dans la vision de se réinventer à terme, TALA Assurances investit beaucoup de moyens pour accroitre son agilité, étendre son inclusion financière et accentuer son orientation vers les clients, tout en s’appuyant sur l’apport évident des nouvelles technologies d’information et de communication, sans négliger de renforcer ses partenariats professionnels. Aujourd’hui, le marché des Assurances de Personnes dispose d’une précieuse opportunité de jouer son véritable rôle sociétal, dans la résilience individuelle et collective, et l’effort de re- couvrement des équilibres socio-économiques, face aux défis sanitaires futurs.

La résurgence des pandémies constitue l’un des dé- fis flottants, mais a fortiori inéluctables, du point de vue des compagnies d’assurances de personnes, précisément en raison de l’imprévisibilité de leurs cycles de réapparition, de leur propension à conta- miner, simultanément, un nombre démesuré de per- sonnes et de la virulence de leur propagation, engendrant l’exacerbation de la sinistralité liée aux maladies voire à la surmortalité, ceci abstraction faite des répercussions économiques et sociales consécutives, qui empirent la situation des concitoyens sinistrés. Certes, les Assureurs disposent de moyens sophistiqués de modélisation des risques sanitaires, en se référant à l’historique des données épidémiologiques et des tendances démographiques, et en s’appuyant sur les progrès scientifiques et technologiques ; cependant, il peut arriver que les pandémies dépassent les scripts du plausible, en termes de fréquence et de sévérité et, par conséquent, que la prise en charge des pandémies surpasse, par transitivité, la capacité financière des seuls Assureurs, même en activant de quel- conques mécanismes de coassurance. Effectivement, les compagnies d’assurances sont passibles de se heur- ter aux limites mathématiques de leurs fonds propres, si elles se hasardent à s’aventurer dans une tentative téméraire d’endiguement d’incommensurables indemnisations, issues des cas de pandémies globales. De sorte à ce que la gestion des risques pandémiques requiert impérativement une approche collaborative et innovante, dans laquelle l’expertise des compagnies d’assurance, et de leurs partenaires Réassureurs, devra être épaulée par l’action régalienne des autorités compétentes, lesquelles auront éventuellement la faculté de faire appel à l’intervention des organisations inter- nationales (ONU, OMS, etc.), en vue d’apporter une réponse prompte et efficiente. D’un côté, alors que la pandémie Covid-19 était à son apogée, en 2021, TALA Assurances a adapté son offre « d’Assurance Voyage & Assistance (AVA) », afin de couvrir contractuellement les voyageurs affectés par les symptômes cliniques de cette maladie (soins, rapatriement, etc.), en contre par tie d’une modique surprime (de 5%), appliquée au tarif en vigueur de chaque formule commercialisée. D’un autre côté, à l’effet d’offrir une assurance Santé renforcée, comprenant des garanties spécifiques contre les pandémies, couvrant les conséquences des crises sanitaires (ré-)émergentes (diphtérie, paludisme, etc.), les compagnies d’assurance qui investissent dans des couvertures ciblées des frais médicaux, d’hospitalisation et des traitements. Dans ce sens, en considération des capacités à constituer, les sociétés d’Assurances de Per- sonnes envisagent de collaborer, ensemble, depuis 2019, pour créer en commun un « pool santé » favorisant la mutualisation des risques au niveau du marché. Toutefois, ces solutions assurantielles seront certaine- ment coûteuses, en raison du paramétrage élevé du risque pandémique, et rendra systématiquement l’assurance Santé prohibitive, pour une partie de la population, à la mesure de l’impact permanent sur la structure de la prime, du fait du caractère imprévisible des pandémies, à moins de développer des schémas d’assurance subventionnés par les autorités de tutelle, per- mettant d’amortir la charge des risques. À titre d’illustration, dès les premiers mois de 2020, un programme gouvernemental a été initié, en vue de mettre en place une couverture assurantielle des personnels de la santé publique, lesquels étaient aux avant-postes de la prise en charge des citoyens, au péril de leur vie. Dans un autre registre, la recherche lancée par l’UAR, dans le cadre de la réflexion des méthodes de contrer les effets des pandémies, a fait ressortir des solutions alternatives, telles que le recours à la constitution de fonds de solidarité, financé continuellement à partir des cotisations d’assurance, sur le canevas du « Fonds de Calami- tés Naturelles (FCN) », ou le lancement d’obligations reposant sur le principe de « titrisation ».

Les crises sanitaires récentes, incluant notablement le choc provoqué par la pandémie de Covid-19, sans omettre la recrudescence de la diphtérie et du paludisme, entre autres tel qu’évoqué par vos soins, représentent un retour d’expérience pour le domaine de l’assurance, astreignant les Compagnies d’assurances de personnes, dont TALA Assurances, à affiner des modèles actuariels devenus abruptement obsolètes, de façon à intégrer opportunément les scénarios induits par les maladies infectieuses, dans leurs stratégies, et à les considérer comme des variables endogènes, pleinement significatives dans l’évaluation des maladies et mortalités. De prime abord, en terme d’historique, il est important de collecter les données globales, et de dresser des séries temporelles à la fois fiables et exhaustives, basées sur les cycles d’apparition des pandémies et la pluralité des dimensions de leurs causes (infectiologie, démographie, climatologie, etc.) et répercussions protéiformes. Cette phase facilite la réalisation de projections épidémiologiques sur le court et moyen terme, tout en mitigeant les risques inhérents obtenus, grâce aux livrables des avancées médicales et pharmacologiques, ainsi qu’aux dispositifs publics de santé et de salubrité, pour épurer leurs hypothèses de survenance, de propagation et de persistance. Cette approche per- met d’appréhender l’effet de levier sur les profils de risques, d’une part, influant sur les sinistres directs (frais d’hospitalisation et de traitement, etc.), et d’autre part, incluant les nouveaux coefficients des impacts indirects (syndromes post Covid, invalidités, comorbidité, etc.). À partir de ceci, les primes des assurances Santé et Décès sont en mesure d’être ajustées, en fonction de l’exposition aux vulnérabilités, avec des marges de sécurité calculées sur des fondements carté- siens, censées compenser le degré de l’incertitude. Ce- pendant, cette précaution doit veiller à ce que ce type de couvertures reste toujours abordable sur le plan tarifaire, en vue d’étendre son inclusivité vers la masse des citoyens, et de maximiser la mutualisation solidaire de la loi des grands nombres.

En lançant son programme de numérisation de ses processus, en 2019, TALA Assurances a entrepris un vaste chantier de transformation digitale de son fonctionne- ment, principalement à travers son progiciel CIRISVIE, avec comme points de mire, les gains substantiels à en- granger en termes de maîtrise, de célérité et de compétitivité. Aussi, avec l’irruption, entre-temps, de l’épisode Covid-19, les innovations informatiques ont été naturellement employées, afin de mieux anticiper, prévenir, et répondre aux crises sanitaires. En amont, seule la puissance de calcul potentiel de moyens technologiques de pointe est en mesure de prendre en charge le traitement de données massives (big data), et d’obtenir des prévisions probantes, en intégrant les modèles actuariels développés par TALA Assurances s’abreuvant des tendances épidémiologiques et économiques collectées et décortiquées en temps réel. En aval, le progiciel métier, en full web canalise l’ensemble des opérations de souscription et d’indemnisation, notamment par le biais de la « TALA- déclaration », qui est un applicatif développé par le génie des Cadres de TALA Assurances, relié par réseau à la « Plateforme de traitement des sinistres » (TALA Douéra), au niveau de laquelle les dossiers dématérialisés sont instruits et réglés. Dans un avenir proche, le recours à l’Intelligence artificielle deviendra incontournable, à la fois pour réaliser des analyses prédictives permettant de pressentir le déferlement des vagues de pandémies, et aussi pour mettre en ligne des dispositifs portables connectés (Internet of Things -IoT-) : montres, bracelet de fitness, etc.), assurant un suivi permanent des para- mètres de santé des assurés (fréquence cardiaque, tension artérielle, taux d’oxygénation, etc.), en accordant des bonus tarifaires aux habitudes saines (pratique de sport, qualité du sommeil, etc.), en concordance avec une bonne hygiène de vie (approche « payasyoulive »).

La prévention et la sensibilisation figurent parmi les plus emblématiques obligations sociétales, des compagnies d’Assurances de Personnes, en particulier en guise de palliatifs aux crises sanitaires, permettant de faire passer la société algérienne d’un modèle fataliste, axé sur une réactivité primale à un modèle plutôt proactif, qui anticipe et prépare la population aux rudiments de la discipline requise, lors de la survenue des épreuves. Car, c’est à ce moment précis que l’éducation sur les risques liés à la santé fait la différence, entre le délitement et la jugulation de la situation sanitaire, visible à travers le taux d’occupation des lits au niveau des hôpitaux. Ainsi, les assureurs doivent jouer activement leur rôle dans la prévention, ce qui correspond à un service connexe (conseils santé), étant donné qu’il s’agit d’une démarche « gagnant-gagnant », aussi bien pour les assurés, qui conservent une constitution physique adéquate et évitent les désagréments des vains maux que pour les assureurs, qui bénéficient des apports lucratifs d’une sinistralité réduite, raffermissant de la sorte les liens de fidélisation réciproques. C’est dans cette foulée éthique, que TALA Assurances a veillé à prodiguer des conseils et des indications, et continue à les fournir même après la dissipation de la crise Covid-19, à travers la noria de ses affichages et l’éventail de ses supports publicitaires, et également à travers les canaux de communication digitale, à profusion sur ses pages et insertions dans les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook, etc.), à même d’informer les citoyens sur les risques de maladies infectieuses, dé- tromper les fausses informations, et insister sur les aggravations à redouter, compte tenu des éventuelles combinaisons létales avec les maladies chroniques, ceci, en les incitant à l’adoption des mesures prophylactiques et à s’entourer des précautions vitales.

Quelle place accordez-vous à la prévention et à la sensibilisation dans vos stratégies d’assurance de personnes, notamment face à une crise sanitaire et quelles actions

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