Acteur-clé dans le commerce afro-arabe :
L’ALGÉRIE PLAIDE POUR UNE VISION SOUTENUE PAR LES OUTILS DE COUVERTURE DES RISQUES
Canal de sécurisation des échanges commerciaux internationaux de l’Algérie, la Compagnie algérienne d’assurance de garantie des exportations (CAGEX) fait partie des outils de couverture des risques. Elle représente un partenaire stratégique pour les entreprises nationales tournées vers l’international. Elle les protège contre les risques liés au non-paiement à l’étranger, tout en facilitant leur accès aux marchés extérieurs.
À l’occasion des réunions annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement (BID) qui se sont déroulées du 19 au 22 mai à Alger, un panel de haut niveau s’est tenu autour du thème :« Libérer le potentiel commercial entre l’Afrique et les pays arabes : le rôle des outils d’atténuation des risques dans la promotion du commerce et des investissements. » Une session stratégique à laquelle l’Algérie a activement participé, affirmant son rôle croissant dans le commerce régional. Modérée par M. Khalif Mahmoud, directeur des opérations de souscription à la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (ICIEC), cette table ronde a mis en lumière l’urgence de lever les barrières entravant les échanges entre pays arabes et africains. D’après les chiffres annoncés, les échanges commerciaux entre ces deux blocs ont dépassé les 350 milliards de dollars, en 2024, avec une ambition d’atteindre un milliard de dollars d’ici 2030. Dans ce contexte, l’Algérie émerge comme un acteur-clé, en raison de sa situation géographique stratégique, de ses réformes économiques et de sa volonté politique affirmée de diversifier ses exportations. Le chiffre notable de sept milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures, en 2023, a été présenté comme un marqueur du potentiel du pays. L’intervention de Mme Bakir Amel, directrice générale adjointe à la Compagnie algérienne d’assurances et de garantie des exportations (CAGEX), a permis de souligner le rôle central de cette institution dans l’architecture commerciale nationale. Créée en 1995, la CAGEX fête, cette année, ses 30 ans, avec une mission inchangée : protéger les exportateurs algériens contre les risques de non-paiement à l’international, tout en favorisant leur accès aux marchés étrangers, a expliqué Mme Bakir. Elle a rappelé que « la compagnie offre une couverture sur toute la chaîne de transaction, depuis la mise en relation avec les acheteurs jusqu’au recouvrement des créances, en passant par la couverture contre les risques politiques et commerciaux. » Dans un contexte marqué par l’accélération des réformes économiques, la CAGEX a vu son capital social tripler de trois à dix milliards de dinars, renforçant ainsi sa capacité à accompagner les ambitions algériennes, notamment vers le marché africain, priorisé dans la nouvelle stratégie commerciale du pays, a-t-elle affirmé.
La CAGEX offre, ainsi, aux exportateurs des garanties couvrant à la fois les risques politiques (instabilité, nationalisations, conflits) et les risques commerciaux (défaut de paiement, insolvabilité), leur permettant ainsi d’opérer dans des environnements incertains en toute confiance. Elle a fait savoir que la compagnie propose une large gamme de produits d’assurance adaptés aux besoins des exportateurs algériens, notamment à travers des contrats sécurisant les transactions avec des partenaires étrangers. Elle dispose également d’une base de données exhaustive sur la santé financière des opérateurs dans divers pays, développée en partenariat avec des institutions spécialisées comme l’ICIEC. Mme Bakir a également plaidé pour un renforcement de la coopération entre les assureurs à l’exportation et les institutions financières dans l’espace islamique, arabe et africain. Elle a proposé la création d’agences de notation spécialisées dans l’évaluation des risques liés au commerce extérieur et souligné l’importance d’améliorer les infrastructures logistiques pour soutenir durablement les exportations. Prenant la parole, le directeur général de l’ICIEC, Dr Khalafallah Khalid, a souligné que l’institution vise à promouvoir le commerce et les investissements au sein des pays membres de l’OCI.
Depuis sa création en 1994, l’ICIEC a soutenu des opérations d’un montant cumulé de 121 milliards de dollars, dont une large part a concerné des projets sud-sud », a-t-il indiqué. L’intervention du représentant de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) a également mis en lumière l’importance d’une approche intégrée au sein du Groupe de la BID, afin de combler le déficit de financement et de couverture qui freine encore de nombreuses opérations commerciales dans les pays du Sud. En somme, ce panel a souligné que pour concrétiser le potentiel du commerce afro-arabe, les risques réels et perçus doivent être mieux gérés, notamment par le biais d’une coordination renforcée entre institutions multilatérales, agences nationales de crédit à l’exportation, et acteurs privés.
Mélissa Mokdad