REVUE DE L’ASSURANCE N°49

Dans cet entretien, le directeur des assurances Transport à la SAA revient sur les répercussions attendues de la décision des États-Unis d’augmenter les droits de douane appliqués aux produits algériens qui passent de 18 % à 30 %. Il analyse également les impacts potentiels sur le transport maritime, les contrats d’assurance relatifs à l’exportation, ainsi que sur les risques de sinistres. Il aborde, en outre, les mesures d’adaptation mises en œuvre par la Société Nationale d’Assurance (SAA) face aux fluctuations du commerce international, ainsi que les dispositifs de veille stratégique déployés pour anticiper les évolutions géopolitiques et économiques.

La SAA évalue en permanence son exposition aux risques, y compris à ceux liés au transport en lien avec la fluctuation des échanges internationaux. S’agissant du volet
« Sinistres », nous estimons qu’il n’existe pas de corrélation directe entre la hausse du nombre des sinistres et la révision des tarifs douaniers, mais plutôt avec d’autres facteurs, tels que le risque de guerre lié à la situation géographique ou encore l’émergence de nouveau type de risque, notamment ceux associés aux maladies transmissibles et à la cybersécurité.

La modification des droits de douane peut avoir un impact significatif sur les contrats d’assurance à l’exportation proposés par la compagnie d’assurance, notamment en termes de compétitivité. En effet, une révision à la hausse des droits de douane rend les produits exportés moins compétitifs sur les marchés étrangers, ce qui peut entraîner une baisse de la demande, ainsi que du volume des exportations et, en conséquence, un recul de la demande d’assurance. À l’inverse, une diminution des droits de douane favorise les exportations et stimule la demande en couverture assurantielle. Car, ces droits ont un impact direct sur le prix de vente final des marchandises, ce qui influence à son tour la valeur assurée et, par conséquent, le coût des contrats d’assurance. Par ailleurs, une hausse des droits de douane peut être perçue comme une mesure protectionniste visant à encourager la production locale en la rendant plus compétitive face aux produits importés. Elle peut également être interprétée comme une mesure de réciprocité commerciale dans le cadre des relations bilatérales.

En dépit de cette pression exercée par les États-Unis, les entreprises algériennes semblent prêtes à amortir le choc, notamment grâce à leur exposition modérée au marché américain et une stratégie de diversification vers d’autres zones économiques, en particulier, les pays africains et européens. La SAA demeure à la disposition des entreprises algériennes, afin de leur proposer des produits d’assurance adaptés à leurs besoins, tout en garantissant un service de qualité. Elle s’engage à être à l’écoute du marché, à se distinguer par l’étendue de ses couvertures, la modernité de ses pratiques de gestion, ainsi que par son innovation dans l’offre de produits et de prestations.

Melissa Mokdad

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