REVUE DE L’ASSURANCE N°49

M. Guendouzi Brahim, professeur d’économie à l’université de Tizi Ouzou et spécialiste du commerce extérieur, analyse, dans l’entretien qui suit, l’impact des taxes douanières américaines sur l’industrie de l’assurance. Il souligne que les entreprises algériennes, opérant à l’international, pourraient faire face à une hausse des coûts d’assurance, les assureurs étrangers étant susceptibles de réviser leurs primes à la hausse.

La première conséquence susceptible d’être enregistrée au niveau des marchés de l’assurance est probablement un manque à gagner en termes d’activités, avec l’entrée en application des décisions de Trump. Des mesures protectionnistes entraînent logiquement une réduction des transactions commerciales à l’international et, donc, moins de couverture de risques à mettre en œuvre de la part des entreprises d’assurances. Inversement, les droits de douane impliquent une augmentation des charges d’exploitation, ce qui pourrait influencer les besoins des compagnies en termes de couverture d’assurance.

La volatilité enregistrée sur la plupart des marchés va se traduire par un renchérissement des frais d’assurance au regard des risques encourus.
Par ailleurs, l’impact négatif des droits de douane sur la croissance économique aussi bien aux États-Unis que dans d’autres pays risque d’impacter globalement le secteur des assurances. Surtout si cela est accompagné d’un processus inflationniste, rendant les décisions des entreprises et des ménages moins réactives.

Les relations commerciales entre l’Algérie et les États-Unis n’ont pas atteint des niveaux élevés, ni en termes de montants, ni en volume, comparativement à d’autres pays touchés par l’application des droits de douane. Aussi, la préoccupation pour l’Algérie est plus liée à la réaction des cours du pétrole brut par rapport à la nouvelle politique tarifaire américaine. Si le marché pétrolier dans son ensemble marquait une tendance baissière importante et durable, le manque à gagner serait énorme pour les exportations mais, aussi, pour les recettes budgétaires.
Conséquemment, la réduction de la capacité à importer des entreprises algériennes impliquerait une reconfiguration des itinéraires maritimes (surtout que les nouvelles technologies permettent d’optimiser les itinéraires) et les types de partenariat commerciaux, lesquels influeront sur la nature des risques encourus et, donc, sur les modalités d’assurance.

Les entreprises algériennes, celles qui activent à l’inter- national se retrouveraient face au risque de variation des coûts assurantiels, du fait que les assureurs internationaux pourraient revoir les primes à la hausse. C’est ainsi que des clauses de type « War, strike and embargo » pourraient être activées ou revalorisées. Certaines compagnies de réassurances internationales seraient amenées à restreindre les garanties ou à exclure certains risques géopolitiques ou commerciaux. Aussi, est-il indiqué pour les entreprises nationales qui font face, aujourd’hui, à un contexte commercial mondial des plus incertains, de revoir la nature et l’étendue des garanties nécessaires et de couvrir, aussi, certains risques spécifiques liés aux modifications réglementaires affectant les flux ou les contrats commerciaux.

Farid Sakhri

Article similaire