Les acteurs du marché le mettent en lumière :
NÉCESSITÉ DE RENDRE PLUS ATTRACTIVE LA BOURSE D’ALGER
La Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), en partenariat avec l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance (UAR) et la Bourse d’Alger, a organisé, les 20 et 21 octobre 2024 à Alger, un séminaire intitulé : « La dynamisation et la stratégie pour un marché financier algérien performant ».
À cet évènement, soutenu par l’Association professionnelle des banques et des établissements fi- nanciers (ABEF) et la Banque Nationale de l’Habitat (BNH), ainsi que la Bourse de Tunis, étaient notamment présents le ministre des Finances, M. Faid Laa- ziz, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, M. Oualid Yacine, le président de l’UAR, M. Benmicia Youcef, le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité (DGTC), M. Sebaa Hadj Mohamed, ainsi que d’autres acteurs des deux secteurs ( banques et assurances).
Lors du débat, M. Benmouhoub Yazid, Directeur général de la Bourse d’Alger, a mis l’accent sur la « faible liquidité » du marché financier algérien. Comparant la situation à celle de la Tunisie, il a rappelé que la liquidité est « importante pour attirer les investisseurs et stimuler la croissance. » Ce séminaire, a-t-il précisé, constitue une
« opportunité précieuse » pour les experts des deux pays d’échanger des
idées et de « formuler des recommandations communes pour améliorer l’attractivité » de la Bourse d’Alger.
Pour sa part, M. Berrah Abdelhakim, Délégué général de l’UAR, a insisté sur l’importance de le « formation et de la coopération » entre les différents acteurs du marché. Il a pointé du doigt « le manque de dynamisme des intermédiaires en opérations de bourse (IOB), souvent limités à des rôles administratifs, et leur incapacité à accompagner les entreprises algériennes dans l’introduction » en bourse. L’intervenant a souligné la nécessité « d’un changement de mentalité pour encourager une meilleure collaboration » entre les institutions financières et les pouvoirs publics, et pour « s’ouvrir à l’international. » M. Berrah a également recommandé la « création d’un Fonds d’investissement dédié à l’innovation et la mise en place d’une associa- tion de la place financière » qui regroupe à la fois les banques et les assurances, afin de « renforcer l’écosystème boursier » algérien et de « stimuler » l’essor du marché.
De son côté, M. Sahnoun Bilel, Directeur général de la Bourse de Tunis, a dressé un état des lieux comparatif des marchés financiers algé- rien et tunisien, en les confrontant aux standards des pays émergents. Il a ainsi relevé une « faible capitalisation boursière, une participation limitée des investisseurs étrangers et une absence de produits financiers sophistiqués ». Parmi les obstacles identifiés, figurent « l’absence de cadre réglementaire attractif, de pro- duits dérivés et de cotation des entreprises publiques. » Pour y remédier, il a proposé « d’encourager la cotation de ces entreprises, de développer les produits sophistiqués et de tirer
parti des atouts solaires, géographiques et humains de la région. » Ce séminaire a permis aux experts des deux pays de dégager un consensus sur la nécessité de réformes profondes pour redonner de l’élan au marché boursier algérien. Les discussions ont mis en avant l’importance de l’innovation, de la formation et de la coopération internationale pour renforcer l’attractivité du marché et attirer des investissements.
Les recommandations émises visent à transformer les marchés financiers en moteurs de croissance économique, porteurs de nouvelles perspectives pour la région.
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Soraya Mokrane