Issues d’un séminaire organisé par la COSOB, la Bourse d’Alger et l’UAR :
RECOMMANDATIONS POUR MODERNISER LE MARCHÉ FINANCIER ALGÉRIEN
À l’issue du séminaire organisé, les 20 et 21 octobre 2024, à Alger, par la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), en partenariat avec l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance (UAR) et la Bourse d’Alger, plusieurs recommandations ont été formulées pour insuffler une nouvelle dynamique au marché financier.
L’une des propositions phares est d’ouvrir l’activité boursière aux compagnies d’assurances, en leur permettant d’agir comme intermédiaires sur le marché (IOB). Cette intégration vise à diversifier leurs activités, tout en renforçant leur rôle dans l’écosystème financier. Leur expertise est ainsi sollicitée pour dynamiser le marché boursier, notamment par la canalisation de l’épargne vers des investissements productifs. Une telle contribution renforcerait non seulement la liquidité des titres mais également l’attractivité globale du marché.
Les participants ont également souligné la nécessité d’accélérer les réformes favorisant une meilleure collaboration entre banques, compagnies d’assurances
et intermédiaires en opérations de bourse. Cela permettrait de fluidifier les interactions, stimuler les initiatives communes et poser les bases d’un environnement financier plus robuste.
D’autres recommandations visent à diversifier et élargir l’offre sur le marché financier. L’introduction en Bourse de grandes entreprises publiques, notamment dans les secteurs stratégiques comme l’énergie et les télécommunications, a été présentée comme une priorité. Cette initiative est perçue comme un levier essentiel pour diversifier les sources de financement, élargir la base d’investisseurs et renforcer la profondeur du marché. Par ailleurs, le recours aux emprunts obligataires a été fortement encouragé pour financer des projets d’investissement, réduisant ainsi la dépendance aux crédits bancaires et aux fonds publics.
La démocratisation de l’épargne a également retenu l’attention. Rendre les Bons du Trésor accessibles aux petits investisseurs a été proposé comme une alternative sécurisée et attrayante à l’épargne bancaire classique. Ce dispositif permettrait de mobiliser l’épargne individuelle, diversifier les sources de financement de l’État et en stimuler la liquidité du marché obligataire.
De même, la modernisation de la Bourse d’Alger figure parmi les priorités identifiées. La création d’un département dédié aux PME et startups a été mise en avant pour faciliter leur accès au financement, accompagné de mécanismes d’animation du marché, tels que des contrats de liquidité et des fonds de garantie. Le développement de nouveaux produits financiers et la digitalisation des services d’intermédiation ont également été recommandés pour améliorer la transparence et l’efficacité des transactions.
Sur le plan sous-régional, des initiatives visant à renforcer la coopération avec la Tunisie ont été mises en avant. La création d’une Agence de notation commune permettrait d’harmoniser les standards et de dynamiser les échanges bilatéraux. D’un autre côté, la double cotation entre les Bourses d’Alger et de Tunis offrirait aux entreprises des deux pays l’opportunité de lever des fonds sur les deux marchés. Ces recommandations placent les compagnies d’assurances au centre des réformes. Une coordination renforcée avec les autres acteurs financiers serait à même de favoriser le développement économique et la stabilité du système financier.
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Soraya Mokrane