REVUE DE L’ASSURANCE N°49

Dans cet entretien, le président de l’Association Algérienne des Actuaires (ALGAA -Algerian Association of Actuaries-) présente les objectifs de ce nouvel acteur de l’écosystème actuariel, ainsi que les défis et perspectives de cette profession, en Algérie.

M. Zerrouki Kamel : Notre association a été agréée par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, en avril 2025. Nous venons de procéder à son lancement officiel. Il s’agit d’une association nationale indépendante, composée de deux parties : une première regroupant des professionnels actuaires et une seconde rassemblant des universitaires. Elle compte, actuellement, 32 membres, y compris les membres fondateurs. Le bureau exécutif comprend 11 membres.

Notre principal objectif est la promotion de l’actuariat. Nous œuvrons également à la formation des actuaires, à l’élévation de leur niveau aux standards internationaux, ainsi qu’à l’actualisation des connaissances et des pratiques dans le domaine actuariel.

Nous devons d’abord homologuer nos programmes de formation dont le but est de pouvoir intégrer l’Association actuarielle internationale. Cette adhésion permettra aux actuaires algériens d’être reconnus à l’échelle internationale. En tant que membre individuel de cette organisation, je souhaite que notre association en devienne également membre institutionnel.

Il est important de souligner que 90% de nos membres sont titulaires de diplômes en mathématiques, complétés par un cycle de post-graduation en sciences actuarielles.

Les sciences actuarielles sont intimement liées aux avancées en mathématiques, en statistiques et en probabilités. La pratique actuarielle évolue avec le progrès scientifique dans ces disciplines, ainsi qu’avec le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles méthodes statistiques. L’apport des universitaires est, donc, indispensable.

Le principal défi est de faire adopter, par les banques et les compagnies d’assurance, des méthodes modernes d’évaluation et de gestion des risques. L’objectif est d’aligner notre marché financier et assurantiel sur les meilleures pratiques internationales et d’intégrer pleinement les professionnels algériens dans cette dynamique.

C’est justement l’un des objectifs de notre association. La visibilité internationale s’apprécie, surtout, au niveau académique, à travers les publications et les travaux des chercheurs algériens. En ce qui concerne la pratique actuarielle, dans les compagnies d’assurance, ce n’est pas à moi d’en juger.

Nous estimons à environ 45 le nombre d’actuaires actuellement en exercice, en Algérie. Si le processus de modernisation du secteur financier et assurantiel se concrétise, les besoins en spécialistes de la gestion des risques, notamment en actuaires, augmenteront considérablement.

D’ici deux ans, notre ambition est de mettre en place des programmes de formation de haut niveau, dans le but d’accréditer nos actuaires au niveau international. C’est une tâche ambitieuse et complexe, mais nous comptons y parvenir à force de travail et avec le soutien nécessaire. Nous sommes déterminés à relever ce défi.

Soraya Mokrane

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