Financement des risques climatiques :
L’ALGÉRIE RENFORCE SA COOPÉRATION MULTILATÉRALE POUR DES ALTERNATIVES AU FINANCEMENT DES RISQUES DE CATASTROPHES
L’Algérie, par le biais du Ministère des Finances, bénéficie d’un appui de qualité du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de la Banque mondiale pour le développement de son secteur des assurances, avec un accent sur le financement des risques de catastrophes. Objectif à terme : dégager des alternatives au « tout-État », dans la prise en charge des conséquences induites par les catastrophes climatiques, plus récurrentes et plus couteuses.
C’est dans le cadre du « Projet d’appui aux parties prenantes pour une assurance inclusive en Algé- rie » que s’est déroulé le premier Atelier de formation, du 28 au 30 avril 2025 au siège de la Compagnie Centrale de Réassurance (CCR), en présence des représentants de sociétés d’assurance et de réassurance ; de la Direction Générale de la Protection Civile ; de la Délégation Nationale aux Risques Majeurs (Ministère de l’Intérieur) ; de cadres du Bureau Spécialisé de Tarification et de la Direction
des Assurances (BST, Ministère des Finances) et d’autres secteurs parties-
prenantes, à l’instar du Département de l’Environnement, de l’Hydraulique, de l’Agriculture et des Transports.
Le projet vise, globalement, à engager la réflexion parmi ces acteurs institutionnels sur les voies et moyens de développer un modèle de financement souverain des risques de catastrophes, en mesure de renforcer la résilience financière du pays face à la fréquence des évènements naturels extrêmes et à leurs impacts, de plus en plus importants, désastreux sur le développement économique et social des pays exposés. La démarche initiée par le PNUD, via son initiative intitulée « Facilités d’Assurance et de Financement des Risques » (IRFF), et en coordination avec la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité (Ministère des Finances) porte, en premier lieu, sur l’élaboration d’un diagnostic du secteur des assurances, à travers, entre autres actions, l’identification des instruments de financements publics et des produits d’assurance existants et qui peinent à se développer (ex : assurance Cat-Nat qui affiche un taux de pénétration de 12% malgré son caractère obligatoire), en vue de les optimiser et les diversifier. Il s’agira, par la suite, de promouvoir la culture du risque dans la planification du développement, afin d’en garantir la durabilité. Selon l’approche préconisée par le PNUD « le financement du développement doit
intégrer la dimension des risques afin d’adopter une approche proactive de la
gestion des risques et ainsi limiter leur impact sur les acquis du développement. L’intégration de cette dimension dans les processus décisionnels permettrait de passer d’une gestion réactive, souvent axée sur les ressources budgétaires, à une gestion proactive et anticipative. »
Nouveau paradigme dans financement des risques climatiques
Durant ces trois jours d’Atelier, les représentants des différents départements ministériels parties prenantes dans la gestion des risques de catastrophes, se sont familiarisés avec le contexte des risques climatiques et de catastrophes, en Algérie et à l’échelle planétaire, et les concepts, principes et instruments de base du CDRFI (Climate and Disaster Risk Finance and Insurance – pour Financement de l’assurance contre les risques climatiques), un mécanisme qui articule des solutions d’assurance et de réassurance traditionnelles avec des interventions de l’État, à travers les Fonds dédiés à l’indemnisation des victimes de catastrophes. L’adoption de ce mécanisme contribue à l’introduction de la culture du risque et de la prévention, dans la planification stratégique du développement, à l’échelle nationale et locale, et dans l’élaboration de politiques publiques intégrées de développement durable qui tiennent compte de la dimension du risque. Cette approche permet, dès la phase de planification des projets de développement, d’inclure des mesures d’atténuation d’impact des risques et de rechercher des solutions de financement des risques résiduels mais à forte intensité, en recourant au marché des assurances.
Cette approche permet de réduire le poids financier de la gestion des catastrophes, sur le Trésor public, et la prise en charge quasi-systématique des sinistres engendrés par les catastrophes naturelles en procédant, dans un réflexe « d’État-protecteur », à l’indemnisation des victimes. Grâce à des dynamiques de groupes, incluant des cadres issus de différents secteurs et parties prenantes, les participants aux travaux de l’atelier de formation se sont attelés à établir un autodiagnostic des risques auxquels l’Algé rie est exposée, du dispositif règlementaire en vigueur pour encadrer la prévention et la gestion des risques climatiques, et des instruments de financement souverain existants, sous forme de fonds dédiés et alimentés par la contributions des assureurs et du Trésor public.
Outre le diagnostic établi par les participants, concernant les risques naturels auxquels le territoire national est exposé et les mécanismes financiers de leur prise en charge, cet exercice participatif a démontré l’importance d’investir dans le financement des risques liés aux aléas climatiques.
À la fin de ce processus de renforcement des capacités, il est attendu des différentes parties-prenantes dans la gestion des risques de catastrophes, qu’ils soient en mesure d’éclairer la prise de décision, au sein de leurs institutions, et de promouvoir l’élaboration de politiques et de stratégies d’adaptation climatique et d’atténuation des risques, au niveau national et local, dans les plans de développement, tout en engageant une réflexion sur l’intégration des solutions de financement souverain des risques, en dehors du recours quasi systématique au budget de l’État, lors de la survenance des catastrophes naturelles.
Abdelmalek Touati