REVUE DE L'ASSURANCE N°46
Assurance des biens culturels

UN MARCHÉ EN QUÊTE D’ANCRAGE

Responsables des sociétés d’assurances et d’institutions présentes dans le domaine des arts et de la culture trouvent peu d’exemples de synergies existant entre les secteurs culturel et assurantiel. C’est comme si ces deux domaines s’ignorent mutuellement, au point où le savoir- faire de l’un ne peut être quasiment d’aucune utilité pour l’autre. Cela est lié, en partie, à l’absence d’un marché des arts mais, aussi, à des offres réduites.

Malgré le nombre relativement important d’institutions actives dans le domaine des arts et de la culture, le marché assurantiel des œuvres d’art semble en effet être assez restreint, ayant de la peine à se développer. Dans le présent numéro de la Revue de L’ASSURANCE, des professionnels des deux secteurs mettent le doigt sur des sujets encore trop peu approfondis, tel que la sous-estimation de l’importance que revêt la dimension assurancielle des objets et des acteurs du monde culturel, et l’absence de passerelles entre les assureurs et les institutions culturelles. Cette situation est appelée à changer, pour le bien de ces deux domaines.

Mme Ouartsi Zafira, Fondatrice et Directrice d’Artissimo, une structure de promotion de l’art et des artistes, appelle à un « travail de sensibilisation auprès des assureurs, afin qu’ils développent de nouveaux produits et qu’ils proposent des solutions adaptées, d’autant plus qu’un nombre croissant d’artistes algériens exposent, désormais, leurs œuvres à l’international, ce qui n’était pas le cas auparavant. »

Pour sa part, Mme Gasmi Issiakhem Feriel, Commissaire d’expositions, estime qu’il y a « une rupture » dans la relation entre les deux secteurs. De son point de vue, « les assureurs sont appelés à proposer aux structures culturelles, privées et publiques, des polices d’assurance avantageuses, en leur expliquant les procédures. » Selon elle, il serait opportun que des « conventions soient établies entre le ministère de la Culture et les assureurs, afin de permettre aux galeries d’art, aux artistes et autres institutions culturelles privées qui réalisent un vrai travail de fond, dans ce domaine, d’en bénéficier. »

De son côté, M. Orif Mustapha, Courtier en œuvres d’art, explique que « le marché de l’assurance des œuvres d’art est faible », recommandant à ce qu’une « étude soit entreprise par les compagnies d’assurance, en vue de développer ce segment et d’offrir des garanties adaptées au marché algérien ».Idem pour M. Tchamakdji Ali, Directeur commercial à la CAAT, qui soutient que « l’assurance du patrimoine et des biens culturels constitue une niche importante à explorer pour le développement du secteur. » Il ajoute, à ce titre, que « l’assurance du patrimoine culturel vise à protéger les biens culturels contre divers risques, tels que les incendies, les vols, les catastrophes naturelles et les actes de malveillance ». Il relève, aussi, que « ce marché, à travers le monde, connaît une croissance importante en raison de la valeur croissante des biens culturels et de la prise de conscience accrue de la nécessité de les préserver. »

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