Dr Ziani Ali, Vice-président de la section ordinale régionale des médecins dentistes d’Alger (SORMDA) :
SOUSCRIRE UNE ASSURANCE EST BÉNÉFIQUE ET POUR LE PRATICIEN ET POUR LE PATIENT

Dans cet entretien, le docteur Ziani Ali estime « impératif de souscrire une assurance multirisque professionnelle» qui couvre les divers aspects de l’activité du cabinet. Il ajoute que la responsabilité civile est également « primordiale pour couvrir les actes médicaux et chirurgicaux, notamment en cas d’erreur professionnelle».
Revue de L’ASSURANCE : La section ordinale régionale des médecins dentistes d’Alger (SORMDA) vient de signer une convention avec la compagnie algérienne des assurances (CAAT). Quels sont les produits qui vous sont proposés en vertu de cette convention ?
Ziani Ali : Les produits d’assurance incluent l’assurance du cabinet, l’assurance multirisque professionnelle et l’assurance de responsabilité civile. Il est crucial pour un cabinet dentaire de souscrire une assurance afin de protéger son établissement contre divers risques tels que le vol, l’incendie, les dégâts des eaux et les catastrophes naturelles. L’équipement dentaire, étant très coûteux et souvent acquis à grands frais, nécessite une protection adéquate.
Pourquoi est-il nécessaire pour un cabinet dentaire de souscrire une assurance ?
Il est aussi impératif de souscrire une assurance multirisque professionnelle qui couvre les divers aspects de l’activité du cabinet. La responsabilité civile est également primordiale pour couvrir les actes médicaux et chirurgicaux, notamment en cas d’erreur professionnelle. En cas de poursuite judiciaire ou d’expertise médicale, cette assurance devient indispensable pour la protection du praticien, la médecine n’étant pas une science exacte. Même les praticiens les plus expérimentés peuvent se retrouver dans des situations délicates. Souscrire une assurance est bénéfique à la fois pour le patient et pour le praticien, car elle offre une protection essentielle et renforce la confiance dans la relation patient-praticien.
Les compagnies d’assurance sont-elles suffisamment outillées pour conduire une expertise médicale en cas d’erreur ?
Oui, les compagnies d’assurance collaborent avec des chirurgiens-dentistes expérimentés pour réaliser des expertises en cas d’erreur professionnelle. Il est important que les compagnies d’assurance disposent de praticiens experts dans le domaine. C’est justement l’objectif de cette convention avec l’ordre des médecins-dentistes de la région d’Alger. Elle jouera un rôle primordial dans ces situations.
Qu’est-ce qui a motivé cette convention avec la CAAT ?
Ce n’est pas uniquement avec la CAAT. Chaque fois que nous trouvons un partenaire à l’écoute et prêt à établir une convention, nous signons avec lui. Avant de conclure l’accord avec la CAAT, nous l’avions déjà fait avec la SAA, la GAM et AXA Assurances. Cela offre aux praticiens la liberté de choisir l’agence d’assurance qui leur convient le mieux.
Revenons au cœur même de votre métier. Quels sont les problèmes spécifiques que vous rencontrez dans son exercice ?
En tout métier en Algérie, il y a des hauts et des bas. Il y a des aspects positifs et négatifs. En tant qu’entité de ce pays, notre objectif est de contribuer à son développement. En faisant progresser la médecine dentaire, nous apportons un plus à notre pays et améliorons son image. Si les gens vont se faire soigner en Tunisie ou en Turquie, c’est qu’ils cherchent des soins de meilleure qualité. Il est donc essentiel d’offrir des soins de cette qualité en Algérie. Nous introduisons des nouveautés et offrons une formation médicale continue, qui est essentielle pour tous les praticiens. Sans cette mise à jour régulière des connaissances, un praticien formé, il y a des années, risque de ne pas être à jour avec les avancées en médecine dentaire.
Le manque de matériaux pour les soins dentaires se répercute sur les prix et la satisfaction des besoins des patients. Ce problème persiste-t-il encore ?
En effet, certains matériaux sont indisponibles ou en pénurie. Autrefois, Enapharm et Enemedi, deux entreprises étatiques, fournissaient ces produits. Avec la libéralisation, les importateurs ramènent des produits qui ne sont pas toujours homologués ou subventionnés par l’État. Cela impacte les patients qui doivent payer cher pour leurs implants, prothèses ou composites. Il y a aussi le problème de l’assurance. Certaines prestations sont encore codifiées selon les tarifs de la loi sanitaire de 1985 et sont donc remboursées à ces anciens tarifs, ce qui est vraiment dérisoire. De plus, certains actes médicaux ne sont pas codifiés dans l’ancienne Loi sanitaire. Le code CNAS, basé sur cette ancienne Loi sanitaire de 1985, devrait être mis à jour avec la nouvelle Loi sanitaire qui est à venir. Espérons une amélioration de la situation.
Concrètement, quelles sont vos attentes quant à la nouvelle Loi sanitaire ?
Il s’agit de se mettre au niveau de la médecine de 2024. Lorsque je parle de chirurgie dentaire, je fais également référence à la médecine en général, incluant l’ophtalmologie, la cardiologie et d’autres spécialités. Des avancées qui n’existaient pas en 1985 sont maintenant disponibles. Par exemple, l’échocardiographie, rare dans les années 80, est désormais indispensable en cardiologie. Lorsque nous avons participé aux assises de la santé, nous avons fait part de nos propositions. Il y a eu les assises de 2014 et celles de 2022. Désormais, il appartient aux décideurs de concrétiser nos demandes et suggestions. Cela bénéficiera aux citoyens, car leur santé influence directement le développement du pays. Un individu bien soigné en médecine dentaire ou générale est plus productif dans son travail, ce qui profite à son entreprise et, par extension, à l’État. Pour cette nouvelle Algérie, il est temps d’introduire des nouveautés dans le domaine médical. Nouvelle Algérie, nouvelle médecine.

Pouvez-vous nous expliquer justement le rôle consultatif du Conseil de l’ordre des chirurgiens-dentistes ?
Le Conseil de l’Ordre, créé par décret présidentiel en 1992 et publié au Journal officiel, est un organe consultatif. Le ministère de la Santé est un organe exécutif. Nous demandons que nos consultations soient prises en compte pour améliorer la médecine dentaire. Nous sommes un organisme consultatif dont les décisions sont exécutoires. Notre rôle est de contribuer au bon exercice de la profession et à l’amélioration de la santé de nos citoyens. Protéger à la fois le patient et le praticien, et assurer le respect des droits et devoirs de chacun.
Soraya Mokrane