Gisement de zinc-plomb de Tala Hamza à Béjaïa:
POTENTIELLE RÉFÉRENCE MONDIALE
Le projet minier de zinc et de plomb sis à Tala Hamza, près de Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, s’étendant sur une superficie de 23,4 hectares, revêt une importance capitale pour le pays. Bénéficiant d’une attention particulière de la part de l’État, toutes les démarches administratives nécessaires ont été entreprises en vue de son exploitation. Les travaux d’aménagement de l’usine, lancés récemment sous l’égide des hautes autorités du pays, devraient s’étaler sur une période de trois ans.
Le ministre de l’Énergie et des Mines, M. Arkab Mohamed, a procédé à la pose de la première pierre dudit projet, le 11 novembre 2023. Le Président de la République, M. Tebboune Abdelmadjid, avait ordonné, lors d’une réunion du Conseil des ministres, en mai 2022, « d’accélérer la cadence de la réalisation du projet d’exploitation du gisement de zinc- plomb d’Oued Amizour ». Le chef de l’État a souligné, à cette occasion, toute
« l’importance économique majeure » de ce projet.
Une fois opérationnelle, l’usine sera en activité pendant 19 ans, avant de faire l’objet d’une fermeture de cinq ans pour des travaux de réhabilitation. Des chiffres officiels indiquent que le coût de réalisation des travaux est estimé à 471 mil- lions de dollars. Le projet devra permettre la réalisation d’un chiffre d’affaires de 215 millions de dollars et d’un résultat net de 60 millions de dollars. Le lancement des travaux marque une avancée significative dans la concrétisation de ce projet, promis « référence mondiale » pour reprendre les propos mêmes de Mme Bourenane Nadjiba, Directrice générale des mines au ministère de l’Énergie et des Mines. « Ce gisement minier permettra au pays de disposer d’une mine de référence », avait-elle relevé, en juillet 2023, dans un entretien à l’APS. La société en charge du projet est Western Mediterranean Zinc (WMZ). C’est une joint-venture créée, en février 2006, avec le partenaire australien Terramin. En mars 2022, le ministère de l’Énergie et des Mines a annoncé, dans un communiqué, une réorganisation des parts en faveur de la partie algérienne, conformément à la règle 51/49.
En effet, le partenaire australien a cédé 16% de ses actions au profit des filiales du Groupe Manadjim El-Djazair. De la sorte, la nouvelle structure est détenue à hauteur de 51% par l’En- treprise nationale des produits miniers non-ferreux et des substances utiles Spa (ENOF) et l’Office national de recherche géologique et minière (ORGM), alors que la société australienne Terramin en détient 49 %.
Comme déjà mentionné, ce projet structurant présente une importance cruciale pour le pays. D’abord, en raison de son potentiel minier estimé à 34 millions de tonnes, permettant une production annuelle de 170 000 tonnes de concentré de zinc et de 30 000 tonnes de plomb. C’est un projet « géant » qui contribuera, de manière significative, à la réduction de la facture d’importation, en comblant les besoins nationaux et en augmentant les recettes en devises du pays grâce à l’exportation de l’excédent de production.
L’exploitation de cette mine ouvrira, aussi, des perspectives d’emploi pour les diplômés universitaires et ceux de la forma- tion professionnelle, avec la création prévue de près de 700 emplois directs. Il est clair que ce projet devrait avoir égale- ment un effet positif durable sur le développement économique de toute la région.
En déplacement dans la wilaya de Béjaïa pour assister à une conférence organisée par l’Université Abderrahmane Mira, intitulée : « Raréfaction des ressources minières et positionne- ment de l’Algérie : rôle du gisement de zinc-plomb de Tala Hamza-Oued Amizour », le ministre de l’Energie et des Mines, a affirmé que ce gisement représente « l’une des plus grandes réserves mondiales de ces métaux stratégiques dont l’exploitation boostera la croissance économique. »
De son côté, la ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables, Mme Dahleb Fazia, a assuré que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour protéger l’environne- ment des éventuels impacts du projet, rassurant, ainsi, les habitants. Elle a affirmé que ce dossier est suivi de manière rigoureuse par les hautes autorités du pays, avec des rapports hebdomadaires, détaillés et transmis au Premier ministre. Un plan de suivi et de gestion environnementale complet a été élaboré, intégrant des mesures visant à atténuer l’impact potentiel de l’exploitation de ce gisement, a-t-elle ajouté, en mettant en avant l’utilisation des technologies de pointe pour réduire les émissions polluantes.
Soraya Mokrane