M. Imoudache Farouk, Directeur de l’Actuariat et du Contrôle Budgétaire à la CNMA :
UNE PARTIE DES TÂCHES ACTUARIELLES A ÉTÉ AUTOMATISÉE
Le Directeur de l’Actuariat et du Contrôle Budgétaire à la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA), M. Imoudache Farouk, souligne dans l’entretien qui suit, la « faiblesse » du nombre d’actuaires dans les compagnies d’assurance. Aussi, il estime nécessaire « d’établir des partenariats avec les universités » pour mettre au point des « programmes de formation, incluant des cours, des stages en entreprise et des projets pratiques collaboratifs ».
Revue de L’ASSURANCE : Existe-t-il un déficit d’actuaires en Algérie ?
M. Imoudache Farouk : En effet, bien qu’il y ait des actuaires dans la plupart des entreprises d’assurance, leur nombre demeure insuffisant.
De quelle manière ce déficit influence-t-il le marché des assurances et les entreprises qui y opèrent ?
Le faible nombre d’actuaires dans les entreprises d’assurance limite leur capacité à :
- Développer de nouveaux produits d’assurance adaptés aux attentes des clients : les actuaires sont essentiels pour ana- lyser les données et les tendances du marché afin de concevoir des produits d’assurance innovants. Sans un nombre suffisant d’actuaires, les entreprises d’assurance peuvent avoir du mal à identifier ces besoins émergents et à développer des produits compétitifs.
- Personnaliser les tarifs pour chaque client : Les actuaires utilisent des modèles statistiques avancés pour évaluer les risques individuels et déterminer les tarifs d’assurance personnalisés. Cette tarification personnalisée permet de proposer des primes plus justes et compétitives, basées sur le profil de risque spécifique de chaque client.
- Utiliser d’autres approches tarifaires, telles que le pricing dynamique ou le principe de la crédibilité : Pricing dynamique : Cette approche consiste à ajuster les tarifs en temps réel en fonction des changements de risque, des comportements des clients ou des conditions du marché. Les actuaires jouent un rôle clé dans la mise en œuvre de cette stratégie complexe, qui nécessite une analyse continue et une modélisation sophistiquée des données. Sans un nombre suffisant d’actuaires, il devient difficile pour les entreprises d’assurance de tirer parti de cette méthode innovante de tarification.
- Principe de la crédibilité : Cette méthode utilise des données historiques et actuelles pour évaluer la fiabilité des estimations de risque. Les actuaires appliquent ce principe pour améliorer la précision des tarifs, en s’assurant que les primes reflètent de manière appro- priée le risque associé.
A. Fatiha